Devons-nous suivre notre passion à tout prix ?

Une question qu’on romantise trop

On nous l’a répété mille fois : suis ta passion, écoute ton cœur, fais ce que tu aimes et l’argent suivra. Dit comme cela, c’est beau et inspirant.

Mais dans la vraie vie celle des factures, des responsabilités familiales, des contextes africains où la sécurité financière n’est jamais acquise la passion ne suffit pas toujours. Et parfois, elle peut même devenir un piège.

Alors posons la question franchement, entre femmes lucides : Devons-nous vraiment suivre notre passion à tout prix ?

La passion donne du feu…mais pas forcément du pain

La passion est une flamme qui donne envie de créer, d’apprendre, de recommencer quand cela ne fonctionne pas et qui pousse à se lever le matin avec une foi presque instinctive.

Mais la passion seule ne nourrit pas, elle ne paie pas le loyer, ne sécurise pas l’avenir et ne protège pas quand la vie décide de frapper fort. Toutes les passions ne sont pas monétisables, et même celles qui le sont ne le deviennent pas toujours rapidement.

Dans nos contextes africains, où la sécurité financière est fragile, où il n’existe pas toujours de filet social, où un seul salaire soutient parfois dix personnes, suivre sa passion n’est pas juste une aventure personnelle : c’est un risque collectif et un luxe réservé à celles et ceux qui disposent d’un filet de sécurité, de temps ou de soutiens solides . Et tout le monde n’a pas le luxe du risque.

Quand la passion devient une charge

Suivre sa passion à tout prix peut aussi signifier accepter trop longtemps de travailler gratuitement, minimiser sa valeur ou s’épuiser au nom d’un rêve. On peut confondre la persévérance avec l’acharnement, la patience avec le sacrifice excessif.

Chez les femmes, cette pression peut être encore plus lourde, car il y a souvent cette volonté de prouver que l’intuition était la bonne, que le choix n’était pas une erreur, alors on reste, même lorsque tout en nous réclame une pause.

Inverser le chemin sans culpabilité

Et si le chemin était parfois inverse, si l’on commençait par ce qui fonctionne, par ce qui nourrit et stabilise, en construisant une base financière solide, une sécurité, un cadre, avant de réintroduire la passion sans se mettre en danger.

Ce choix est souvent perçu comme moins noble, pourtant il est profondément stratégique et parfois nécessaire, car il ne trahit pas le rêve, il le protège.

Le trio qui change tout : passion, talent et stratégie

Les parcours durables se construisent rarement sur un seul pilier, ils naissent plutôt de la rencontre entre la passion, le talent et la stratégie.

La passion donne l’élan, le talent donne la crédibilité et la stratégie permet d’exister dans le réel sans se perdre. Lorsque la passion avance sans stratégie, elle finit par épuiser ; lorsque la stratégie évolue sans passion, elle est vide de sens ; et lorsque le talent n’est ni reconnu ni structuré, il reste invisible.

Se former, apprendre, ajuster, tester et corriger font partie intégrante du chemin, même lorsque tout n’est pas encore clair.

Le droit d’évoluer et de changer de cap

Changer d’avis n’est pas un échec et évoluer n’efface pas ce qui a été construit, car fermer une porte ne rend pas inutiles les années passées à l’ouvrir.

On peut aimer profondément quelque chose sans en faire son métier, on peut garder une passion comme un espace intime ou la laisser grandir doucement, sans pression et sans obligation de rentabilité immédiate.

MOSAÏQA, entre passion et lucidité

Si ce sujet me traverse autant, c’est parce qu’il est personnel. MOSAÏQA est une passion, un projet auquel je crois profondément, mais ce n’est pas encore un projet qui paie les factures.

Le reconnaître n’enlève rien à sa valeur, cela me rappelle simplement qu’aimer ce que l’on fait n’exclut ni le besoin de vivre ni celui de trouver, à côté, ce qui rend cette liberté possible.

Peut-être que la passion ne demande pas d’être suivie à tout prix, mais d’être cultivée avec lucidité, patience et stratégie.

Choisir sa vie avant le mythe

Suivre sa passion ne devrait jamais signifier se perdre, s’oublier ou se ruiner, car certaines passions demandent du temps avant de rapporter, et d’autres ne sont pas destinées à devenir une source principale de revenus.

Parfois, le véritable courage n’est pas de foncer, mais de réfléchir, de s’adapter et de choisir une liberté concrète plutôt qu’un mythe séduisant. Peut-être que la vraie réussite se trouve là, dans le fait de construire une vie qui nous respecte avant de tenter de vivre exclusivement de ce que l’on aime.


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