La citoyenne sollicitée, la femme marginalisée

Une année électorale bien remplie

Cette année n’est pas de tout repos au Gabon. Après l’élection présidentielle d’avril 2025, le pays est déjà plongé dans les élections locales et législatives.Et pendant ce temps, le Cameroun et la Côte d’Ivoire vivent eux aussi leurs propres élections présidentielles.

Les saisons passent ,mais les élections , elles se ressemblent .Chaque période électorale ressemble à une pièce bien répétée: les partis déploient leurs plus beaux discours, les promesses d’une vie meilleure pleuvent à n’en plus finir, et les candidats sourient à tout le monde.Et dans les quartiers, soudain, les femmes deviennent le centre de toutes les attentions.

La voix qui compte… ou pas

Elles sont appelées parfois suppliées à voter, à être des citoyennes “modèles”.À quelques semaines des élections, elles reçoivent des appels, des messages, des visites. On leur explique comment leur vote peut changer les choses, on les rassure quand elles doutent, on les encourage à se déplacer et à participer activement au changement.

La femme, celle à qui l’on demande souvent de se taire le reste de l’année, doit soudain parler.Et bizarrement, cette même voix qui passe inaperçue pendant des mois devient tout à coup précieuse.Quelle ironie, n’est-ce pas ? Que pendant des mois, ses idées passent inaperçues, ses efforts sont invisibles, et qu’un jour, on lui demande d’être une voix décisive.

Mais une fois les urnes refermées, que reste-t-il de cette reconnaissance ? Souvent… rien.

Compter dans les urnes, pas dans les décisions

La femme gabonaise comme beaucoup de femmes en Afrique et ailleurs compte dans les urnes, mais pas dans les décisions. On lui demande de voter, mais pas de gouverner.On se souvient d’elle seulement quand il s’agit de mobiliser des voix, jamais quand il s’agit de construire les règles, de décider des lois, d’écrire l’avenir du pays.

Et pourtant… qui fait tourner nos marchés, soutient les familles, nourrit les foyers, fait vivre les petites économies ?Qui éduque, soigne, invente des solutions chaque jour face aux manques et aux crises ?Qui transforme des maisons en écoles improvisées, des cuisines en petites entreprises, des idées en solutions concrètes ? La femme !

C’est cette même femme, invisible le reste du temps, qu’on ne voit que dans les files d’attente pour voter.Et pourtant, c’est elle qui connait le mieux les vrais problèmes de nos sociétés.

Le paradoxe est criant

La citoyenne est indispensable, mais la femme reste marginalisée.Pas seulement en politique, mais partout où se prennent les décisions importantes.

On dit qu’elle est trop passionnée, trop émotive, pas assez solide.Mais en réalité, ce qu’on redoute, c’est sa force , sa clarté, sa capacité à dire les choses telles qu’elles sont, à faire bouger les lignes.

La force invisible du quotidien

Et si l’on regardait vraiment ce qu’elle fait au quotidien ?Si l’on reconnaissait que tenir un foyer, gérer un petit commerce, organiser une collecte pour l’école du quartier, aider une voisine malade… c’est aussi exercer le pouvoir ?C’est aussi ça, avoir les épaules solides.Ces gestes silencieux, ces responsabilités invisibles ou que nos sociétés font exprès de ne pas voir c’est elle qui les porte.

Au-delà des urnes

Si chaque élection rappelle à quel point la femme compte, alors il est temps que cette reconnaissance dépasse les urnes.Il est temps que nos sociétés écoutent vraiment celles qui les portent.Pas seulement pour voter, mais chaque jour, quand il faut construire, inventer, et faire vivre la communauté.

Être citoyenne, ce n’est pas juste glisser un bulletin dans une urne.
C’est changer le cours des choses pour de vrai.
Et cela commence par reconnaître que la voix de la femme doit être entendue avant, pendant et après les élections.


En savoir plus sur MOSAÏQA

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

Laisser un commentaire

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑