La communauté : refuge ou prison ?

Il y a des endroits où on se sent vraiment chez soi : entouré de visages familiers, de rires, d’affection, de soutien. Et puis, il y a d’autres endroits où chaque regard pèse, chaque mot devient un jugement, et chaque choix semble une faute.

D’après le dictionnaire Le Robert, une communauté est un « groupe social dont les membres vivent ensemble, ou ont des biens, des intérêts communs ».

Elle peut être familiale, religieuse, politique, associative, ethnique, bref… plusieurs choses à la fois. Mais au fond, cette communauté qui nous relie aux autres : est-ce un refuge ou une prison ?

La communauté comme refuge

La communauté repose sur une valeur centrale : la solidarité, qui se traduit par de nombreux gestes concrets. Dans la vie quotidienne, elle permet d’éviter les longues files d’attente à la banque, d’obtenir un poste grâce à un piston bien placé ou de contourner certaines tracasseries administratives. Comme on dit chez nous : « chacun a son parapluie » .

Au-delà de l’entraide, la communauté est aussi un espace d’identité, car les langues, traditions, valeurs et rituels nous rappellent d’où nous venons, qui nous sommes et nous guident sur le chemin que nous voulons suivre. Dans un monde où tout va vite et où les repères se brouillent, préserver ce lien et transmettre cette richesse aux générations futures est un véritable trésor.

La communauté comme prison

Pourtant, cette même communauté peut parfois se transformer en cage. Ce qui, au départ, est censé protéger finit par enfermer. Derrière la chaleur des liens se cachent parfois des jugements constants, des critiques répétées et des regards pesants qui scrutent chacun de nos faits et gestes.

Les attentes sociales deviennent lourdes à porter, et ce qui devrait être un espace de réconfort peut vite se muer en un lieu de rivalités et de tensions. Certaines associations de femmes, par exemple, que l’on espérait être des havres de paix et de soutien, deviennent parfois des foyers de jalousie et de médisance.

À cela s’ajoute un danger plus insidieux : celui des fameux « parrains » et « marraines ». Dans beaucoup d’associations, on entend des phrases comme « ma mère de l’association », « mon père de l’association », donnant l’illusion d’une nouvelle famille. Mais derrière ces appellations affectueuses peuvent se cacher des réalités bien plus complexes. Par le biais de la communauté, certaines personnes se retrouvent introduites, parfois malgré elles, dans des cercles occultes, ésotériques ou francs-maçonniques, qu’elles ne comprennent pas toujours et qu’elles n’ont pas vraiment choisis.

De nouvelles formes de communautés

Aujourd’hui, on voit aussi apparaître d’autres formes de communautés, surtout chez les femmes. Le mot sororité a fait son entrée, pour parler de solidarité et d’entraide entre femmes. Avec l’essor de l’entrepreneuriat féminin, on voit partout sur Instagram des #sororité et #sisterhood. On y retrouve aussi les groupe de femmes battantes , de femmes fortes ,ainsi que les cercles des femmes entrepreneures.

Ces réseaux créent de vraies amitiés et de belles collaborations; mais soyons honnêtes : tout n’est pas rose. Derrière les sourires et les hashtags, il y a aussi des rivalités, des jalousies, et parfois des amitiés qui se brisent aussi vite qu’elles se sont créées.

Trouver l’équilibre

Être dans une communauté, ça peut être une vraie force, mais il ne faut pas s’y perdre. Il faut y entrer avec ses propres valeurs, savoir poser ses limites et apprendre à dire « non » quand les attentes dépassent ton confort ou ton bien-être.

Oui, tu peux accepter de l’aide,mais ça ne veut pas dire donner le contrôle de ta vie. Tu peux profiter de la chaleur du collectif, mais sans oublier de rester toi-même. Parce qu’au fond, une communauté ne devrait jamais être une prison. Elle doit rester un espace où tu respires, où tu grandis, où tu choisis librement ce que tu donnes et ce que tu reçois.


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