Lettre à mon cher pays, le Gabon

Mon cher Gabon,

Je t’ai longtemps négligé. Pardonne-moi.J’ai cru que tu étais la cause de mes échecs. J’ai accusé ta terre, jugé ton ciel, critiqué tes silences et tes manquements. Pendant longtemps, je n’ai vu en toi que mes frustrations et mes désillusions. Mais avec le temps, j’ai compris : tu n’étais pas responsable de mes défaites, tu n’étais pas la source de mes douleurs.

Comme beaucoup de mes frères et sœurs, j’ai trop souvent répété qu’« il y avait un nuage noir au-dessus du Gabon ». Et quand la vie nous dépassait, nous avions cette phrase devenue presque un réflexe :

« Le pays-là est maudit ooooh ! »

Aujourd’hui, je mesure le poids de ces mots. Car à force de te maudire, comment espérer que tu nous bénisses ? À force de t’accuser, comment demander à tes terres de nous nourrir, à tes forêts de nous protéger, à tes rivières de nous abreuver ? Peut-on vraiment semer sur un sol que l’on insulte chaque jour et y espérer de beaux fruits ? Et si malgré tout des fruits poussaient, quel goût auraient-ils ?

Je ne dis pas qu’il faut se taire, ni accepter l’injustice, ni ignorer nos colères. Non. La colère a parfois sa place, la plainte aussi, le cri surtout. Mais j’ai compris que chaque parole de désamour jetée contre toi, mon cher pays, retombe d’abord sur nous-mêmes. Car toi, Gabon, tu n’es pas une entité lointaine : tu es nous, et nous sommes toi.

Alors aujourd’hui, en ce 17 août 2025, jour de ton indépendance, je viens à toi avec d’autres mots.Je ne viens pas pour te juger, mais pour t’aimer.Je veux te dire que je suis fière d’être ton enfant.Je veux affirmer haut et fort que je suis une panthère du Gabon.Et comme on dit chez nous :

« Je n’ai pas choisi d’être gabonaise, j’ai juste eu de la chance . »

Mon cher Gabon, tu es plus qu’un pays. Tu es ma maison, mon souffle, mon ancre. Tu es la mémoire de mes ancêtres, la racine de mes rêves, la terre qui portera encore les générations à venir. Oui, tu as des blessures, oui, tu as des plaies encore ouvertes, mais tu es aussi rempli de promesses et de forces cachées .

Aujourd’hui, je choisis de poser sur toi un autre regard.Aujourd’hui, je décide de ne plus t’appeler maudit, mais béni.Aujourd’hui, je m’engage à participer à ton relèvement, à ma manière, avec mes mots, mes actes et mon amour.

Je t’aime, mon cher pays.Et je continuerai de t’aimer, même dans tes tempêtes.

Avec respect, avec fierté et avec foi,

Une panthère gabonaise


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