Une autre voie est possible

Et si on arrêtait d’attendre ?

Le samedi 2 août, dans la commune d’Akanda, du côté du stade d’Agondjé, il s’est passé quelque chose de simple… mais de très important.

Un de ces petits déclics collectifs qui, s’ils se répètent, peuvent transformer un pays. Et non, je n’exagère pas.

Ce jour-là, des jeunes ont fait leurs premiers pas dans le monde de l’entrepreneuriat, grâce à l’initiative de quatre femmes gabonaises : Mélissa NTOUTOUME, Joëlle WEZET, Sara Khadiatou et Aude Sharys OVONO ALLOGO.

Ensemble, elles ont fondé une association appelée GRAINES DE LEADERS dont l’objectif est clair : former les jeunes à comprendre les rouages de l’entrepreneuriat, leur transmettre les bons outils, les codes et l’élan nécessaire, bref, leur faire saisir qu’ils ont le droit et surtout le pouvoir de tracer leur propre chemin.

Est-ce que c’est vraiment nécessaire ?

Oui. Plus que nécessaire c’est vital.

Parce que la réalité du Gabon, comme celle de tant d’autres pays, c’est que le travail ne nous attend plus. Même avec un master en poche, même avec de la motivation et des compétences.Le rêve du poste stable, bien payé, en CDI, s’éloigne chaque année un peu plus et pas seulement pour ceux qui “n’ont pas fait d’études”.

On a grandi avec une promesse

Une promesse transmise par nos parents, nos profs, nos sociétés :

« Si tu travailles bien à l’école, tu réussiras dans la vie. »


« Si tu obtiens des diplômes, tu trouveras un bon emploi. »

Et on a voulu y croire.

On a fait tout ce qu’on nous demandait : les longues heures de cours, les révisions jusqu’à pas d’heure, les stages non rémunérés. On a sacrifié du temps, de l’énergie, des émotions.

Mais l’autre partie, elle, n’a pas été respectée: pas d’embauche ,pas d’opportunité, pas de reconnaissance.

Et franchement ? Ça fait mal.

Cette frustration, je l’ai portée longtemps. Me sentir inutile alors que j’avais coché toutes les cases. Voir les années passer sans perspective. Attendre un appel, un mail, une chance… et rien ne venait.

Une décision : créer, malgré tout

Et c’est là que quelque chose a changé.J’ai commencé à comprendre. À ouvrir les yeux.

Aujourd’hui, je suis convaincue d’une chose :

Notre avenir ne peut plus reposer uniquement sur l’attente d’un emploi. Il doit aussi et surtout s’appuyer sur notre capacité à créer.

Je n’ai pas grandi avec une culture entrepreneuriale. À la maison, on ne parlait pas de gestion financière et personne ne m’a appris à pitcher une idée, à construire une marque ou à rédiger un budget.

Mais aujourd’hui, j’ai décidé que ça ne serait plus une excuse.

Me lancer, même sans tout maîtriser

J’ai décidé de me lancer, même imparfaite, même sans tout maîtriser ,parce qu’à force d’attendre un CDD ou un CDI, j’ai compris une chose essentielle :

Personne ne viendra me sauver.

Et si je veux une vie différente, c’est à moi de la créer.

Alors ne soyez pas surpris si, bientôt, je vous annonce que je vends tel produit ou tel service. Ne soyez pas étonnés si je commence à parler de business, de branding, de stratégie de vente.

Parce que moi aussi, j’ai envie de construire, de contribuer, de transmettre.

Et surtout d’inspirer d’autres jeunes femmes, d’autres jeunes tout court à croire en leur potentiel.

L’importance de transmettre une autre culture

C’est pour ça que des initiatives comme celle de ces quatre femmes sont si puissantes.

Elles sèment des graines,elles ouvrent des portes, elles montrent que l’entrepreneuriat n’est pas réservé à une élite ; que tout s’apprend et que tout commence quelque part.

On ne parle pas assez de ça à nos enfants, on ne les prépare pas à l’éventualité de ne pas trouver d’emploi après leurs études. Et surtout, on ne leur dit pas assez que ce n’est pas une fin en soi.

Il est temps de les éduquer autrement , de leur parler très tôt de gestion financière, d’autonomie et de création de valeur. De leur montrer qu’ils peuvent devenir créateurs de richesse, même s’ils ne rentrent pas dans le moule et de leur rappeler qu’ils ont de la valeur, même sans un badge d’entreprise accroché au cou.

Parce que malgré tout… il y a toujours quelque chose à faire

Et parfois, cela commence par une simple idée, un atelier, une conversation… un samedi après-midi à Akanda ou ailleurs.

Parce qu’on ne peut plus se contenter d’attendre.

Il faut oser bâtir.


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