Le mois de mai tire à sa fin. Et qui dit fin… dit aussi début. Ce mois a commencé par une date que nous connaissons tous : le 1er mai. La fameuse « fête du travail ». Mais soyons honnêtes : pour beaucoup, ce jour se résume à boire, manger, danser et se reposer. Ce n’est pas mal en soi. Mais… c’est tout ?
Selon mes recherches, dire « fête du travail », c’est même un abus de langage, un peu comme quand on dit « fête de la femme ». Le nom officiel, c’est la Journée internationale des droits des travailleurs. Cette journée porte un message fort, qu’on a tendance à oublier.
Un peu d’histoire : pourquoi le 1er mai ?
Le 1er mai ne vient pas de nulle part. Il a une origine historique, et pas des moindres. En 1886, aux États-Unis, des milliers de travailleurs ont manifesté pour réclamer la journée de travail de 8 heures. À l’époque, les journées de 10 à 14 heures étaient la norme, et les conditions de travail, souvent épuisantes, voire dangereuses. Ces mobilisations ont mené à de violents affrontements, notamment à Chicago, lors du tristement célèbre massacre de Haymarket (selon Wikipédia : 12 morts et 130 blessés).
En hommage à ces luttes, la IIe Internationale socialiste a déclaré le 1er mai comme journée de mobilisation internationale. Ce jour n’est donc pas une simple fête : c’est un symbole fort de résistance, de dignité, et de conquête des droits sociaux.
Et aujourd’hui, qu’en faisons-nous ?
Aujourd’hui, la journée du 1er mai se résume souvent à un seul mot : fête. Entre défilés, spectacles et buffets bien garnis, l’ambiance est à la célébration. On sort les plus beaux modèles cousus pour l’occasion surtout dans les entreprises qui offrent les pagnes du 1er mai , on prend la pose, on danse, on rit, on boit. Bref, on profite.
On fête, oui, mais pourquoi ?
Avant de sortir les pagnes et de danser, prenons un moment pour réfléchir : cette journée a une histoire, un vrai combat derrière elle. Alors, est-ce qu’on profite vraiment de cette occasion pour faire avancer les choses, ou est-ce juste une pause festive ?
Posez-vous les vraies questions. Qu’avez-vous fait ce 1er mai ? Est-ce que vous en avez profité pour discuter de vos conditions de travail ?Vous êtes-vous interrogés sur votre évolution professionnelle ?Est-ce que vos délégués ont organisé une rencontre, un échange, un moment pour faire remonter vos préoccupations ? Ou bien, les seules questions qui vous ont traversé l’esprit étaient : Où se passera la fête ? Quels artistes seront invités ?Le pagne est-il joli pour coudre une belle tenue ?
Ne venez pas me « couper le cou », je ne suis pas en train de dire qu’il ne faut pas profiter en faisant la fête. Chaque travailleur mérite cette journée, et surtout, mérite de s’amuser pleinement. Ce moment de fête permet aussi de renforcer les liens entre collègues, de créer une certaine proximité avec les dirigeants, et de mettre de côté, ne serait-ce qu’un instant, les dossiers en attente et les mails non envoyés.
Mais il faut qu’on aille plus loin. Le 1er mai ne doit pas être qu’une simple parenthèse festive.
L’année prochaine, faites autrement
Parce qu’un travailleur informé, c’est un travailleur fort.
Parce qu’un travailleur qui parle, c’est un travailleur qui avance.
Et parce que derrière chaque ambiance du 1er mai, il devrait y avoir un pas de plus vers plus de justice, plus d’équité, plus de respect.
À l’année prochaine peut-être… mais avec plus de conscience.
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