Le mois dernier, j’ai eu une discussion avec l’un de mes pères qui m’a dit :
« On ne peut te laisser que le jour où tu seras autonome. »
Bien que je comprenne la bienveillance dans cette parole et que oui, c’est normal que je sois totalement indépendante financièrement, je sais aussi que ce genre de phrase, il ne pourrait pas la dire à mes frères qu’ils soient plus grands ou plus petits que moi car pour lui, eux pourront se débrouiller. Et surtout, se débrouiller honnêtement.
Alors que moi, je vais me débrouiller comment ?
Cet article n’est pas un coup de gueule… bon, si, quand même un peu, je ne vais pas mentir.Mais c’est surtout pour faire ressortir cette inégalité.Quand une femme dit qu’elle va louer un logement et qu’elle va se débrouiller pour payer son loyer, ce n’est pas la débrouillardise que vous pensez là ooooooh. C’est la vraie débrouillardise dont elle parle.Adié !
Un départ plus simple pour les hommes ?
Quitter la maison familiale est censé être une étape normale. À partir d’un certain âge, lorsqu’on commence à travailler ou qu’on cherche plus d’intimité, partir vivre seul(e) devient un besoin. Pourtant, selon qu’on soit un homme ou une femme, cette étape est perçue très différemment.
Un jeune homme qui part, même sans emploi stable, est souvent applaudi :
« Il va apprendre la vie », « Il est courageux », « Il se débrouillera ».
Mais pour une jeune femme, les questions s’enchaînent :
« Pourquoi elle part ? » « Avec qui elle vit ? » « Qui paie son loyer ? »
La suspicion qui entoure une femme qui vit seule
Quand une femme dit qu’elle veut partir seule, on imagine rarement qu’elle va “se débrouiller” de façon honnête ou autonome. Au contraire, on suppose qu’un homme l’aide, qu’il y a un “grand quelqu’un du pays ” derrière elle. Même si elle travaille, même si elle gère son budget seule, on doute.
Certains propriétaires refusent même de louer à des femmes célibataires :
« Une femme seule, c’est risqué. L’homme, lui, est une garantie. »
Sans oublier que, quand tu vis seule, les voisins célibataires te voient comme le gibier à chasser, et ceux qui sont en couple, leurs compagnes te voient comme la Jézabelle du coin. Oui, les femmes qui pensent toujours que quand leur mari est infidèle, c’est la faute de la femme et non de leur époux… Bon, ça encore, c’est un autre débat.
Rester jusqu’au mariage ? Une attente à sens unique
Pour certaines familles ou certaines cultures, la femme, malgré son indépendance financière, ne peut quitter la maison de ses parents que si un homme vient l’épouser… alors que lui-même vit tout seul depuis des années.
Pourtant, il est écrit :
« L’homme quittera son père et sa mère et s’attachera à sa femme… »
Ça sous-entend que c’est l’homme qui doit rester avec ses parents jusqu’au mariage, non ? Donc normalement, hommes comme femmes devraient quitter la maison familiale seulement après le mariage… Ou bien je m’égare ?
Alors, pourquoi ce deux poids, deux mesures ? Pourquoi la liberté de partir serait-elle un signe de maturité pour les uns, mais un sujet à débat pour les autres ?
Il est temps de remettre les choses à leur place.
Partir de chez ses parents ne devrait pas être une épreuve de force ou une source de soupçon.
Être une femme indépendante ne devrait pas être vu comme un acte de rébellion, mais comme une étape normale de la vie.
Il est temps qu’on revoie nos standards et qu’on arrête de croire qu’une femme seule est forcément une femme “à surveiller”.
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J’ai plus de positivité sur la débrouillardise de mes filles que de mon garçon. Elles ont plus de clés en main pour se débrouiller et s’en sortir. Peut-être parce qu’il est encore jeune (16 ans) et elles en phase d’être indépendantes. Néanmoins, pour les 3, j’aurais la même phrase que vos pères.
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Je suis d’accord avec votre message ,surtout si comme vous le dites , vous parlerez de la même façon aux 3 enfants .
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ce n’est pas facile de parler de la même manière avec les 3 enfants car ils ont chacun leur caractère, leur age et leur affinité. Ce n’est pas la volonté qui me manque pourtant. J’espère cependant garder un esprit et un comportement ouvert afin qu’ils restent ouvert eux aussi à la discussion (les mots reçus de mes filles pour la fête des mères tendent à répondre à cela). Quand le dernier sera prêt à quitter la maison, je le soutiendrai autant que les filles.
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